14.02.2008
LES COMPTES FANTASTIQUES !
Chronique de Marc Houver
Secrétaire général du Conseil Economique et Social de Lorraine
Il vous est peut-être arrivé un jour d’éprouver la sensation du vertige. Vous avez le sentiment d’être attiré par le vide et vous êtes figé sur place. Cela se contrôle pour le moins difficilement.
Notre monde me donne parfois le sentiment qu’il a lui aussi le vertige. Il est des réalités qui donnent la phobie des hauteurs au plus grand nombre et cela peut tétaniser tout le corps social.
Ce sont souvent les chiffres qui sont à l’origine de cette sensation de vertige. Vous objecterez qu’un chiffre cela n’a pas de sens en soi, que c’est par définition sec et aride, que c’est froid et sans âme. Mais un chiffre, dès lors qu’on l’associe à une valeur monétaire telle que le dollar ou l’euro cela prend une connotation toute différente.
Le chiffre se mue alors en montant et certains de ces montants sont parfois inimaginables pour le commun des mortels. Et c’est en de pareilles situations qu’ils peuvent donner le tournis à toute la société. A partir d’un certain montant en effet, ces chiffres peuvent alors prendre vie et devenir de véritables vedettes médiatiques.
L’actualité récente nous a donné plusieurs occasions de mettre des montants faramineux sur le devant de la scène.
Il y a eu tout d’abord les désormais célèbres 5 milliards d’euros de l’affaire de la société générale. Difficile pour vous et moi d’imaginer ce que signifie une telle somme parce que l’on perd très vite le sens des réalités et des valeurs dès lors qu’on parle en milliards d’euros.
Peut-être M. Daniel Bouton, le PDG de la société générale y parvient-il lui plus facilement, car son échelle de valeur professionnelle lui simplifie la tâche : en tant que deuxième patron de France le mieux payé, cinq milliards d’euros deviennent une valeur plus relative.
Mais même avec ses émoluments, l’intéressé n’aurait jamais pu s’offrir les droits de diffusion du championnat de France de football dont je rappelle qu’ils ont été attribués pour la bagatelle de 668 millions d’euros.
Mais que représentent 668 ridicules millions d’euros ou même cinq tout petits milliards face aux 45 milliards de dollars que Microsoft, le géant de l’informatique, s’est dit prêt à débourser pour racheter Yahoo. Savoir qu’une seule et même société est capable de payer cash l’équivalent de 8 ou 9 fois le trou constaté par la Société générale, pour en racheter une autre, laisse sans voix même les plus avertis d’entre nous. Et constater que, par ailleurs, une société puisse décliner une telle offre laisse tout autant pétri d’étonnement.
Car, dans l’ambiance actuelle, d’un capitalisme financier en dérive permanente, nombreux auraient sûrement été ceux qui auraient cédé à une offre moins alléchante.
Et c’est dans cette atmosphère de comptes fantastiques qu’il nous faut construire nos vies de gens « normaux ». Continuer à y croire sans sombrer dans la dépression sociale est dans ce contexte une lutte de tous les instants.
Etre en permanence confronté à des chiffres tellement énormes qu’ils en semblent irréels pourrait bien un jour nous amener à céder aux vertiges de l’indignation et de l’incompréhension quand, dans le même temps, il manque toujours trois euros six sous pour boucler une politique sociale.
A la semaine prochaine.
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07.02.2008
VIVRE TUE !
Chronique de Marc Houver
Secrétaire général du Conseil Economique et Social de Lorraine
Depuis le 1er janvier, les rues s’animent. Vous l’aurez sûrement tous constaté. Des attroupements d’un nouveau genre égaient les voies publiques, ceux provoqués par les fumeurs impénitents. Le tabac est devenu tellement tabou qu’on en est finalement venu à bout en expulsant hors les murs les derniers accros à la nicotine.
On dira ce que l’on voudra, mais il faut tout de même reconnaître que cela a du bon. Dans les restaurants par exemple, il est nettement plus agréable de déjeuner depuis que plus personne ne vient vous embrumer l’assiette. Même les plus tolérants des non fumeurs doivent bien convenir que c’est une fois que l’on n’en est plus victimes que l’on mesure pleinement ce qu’était le tabagisme passif.
Mais maintenant la nuisance est autre : il faut s’habituer à déjeuner en compagnie ou à proximité de gens (serveurs compris) qui se lèvent à tout bout de champ, mettent leur manteau et sortent pour « en griller une » sur le trottoir avant de revenir poursuivre leur repas.
Et les voies publiques de devenir ainsi d’immenses cendriers, ce qui n’est pas obligatoirement du meilleur effet esthétique. Qu’importe ce détail, les propriétaires de restaurants sauront trouver les solutions pour éviter que les clients ne jettent leurs mégots à même le sol.
Tout au moins pouvait-on penser que la bataille des airs viciés était ainsi définitivement gagnée et qu’au moins les intérieurs partagés étaient enfin assainis.
Eh bien, détrompez-vous, il n’en est rien ! Loin s’en faut. A peine la question du tabagisme dans les lieux publics réglée, voilà que l’office parlementaire des choix scientifiques et technologique composé de 32 parlementaires de toutes tendances politiques, attire notre attention sur le « cocktail à risques » qui caractérise les espaces clos.
Qu’on se le dise, nos intérieurs sont toujours dangereux car ils abritent une forte concentration en composés organiques volatils.
Nous sommes victimes de la pollution qui émane de tous ces objets qui, s’ils nous sont familiers n’en contiennent pas moins des produits chimiques. Les détergents, désodorisants, lessives, bougies, peintures, colles, produits cosmétiques, ordinateurs, meubles, tapis et autres insecticides polluent nos atmosphères intérieurs.
Si l’on en croit le rapport sénatorial, « l’air intérieur est davantage pollué quantitativement et qualitativement que l’extérieur ». Qui l’eut cru ? Certes, il ne s’agit nullement de dédouaner l’air extérieur dont les polluants de diverses origines pénètrent les locaux et contribuent à leur mauvaise qualité. Mais compte tenu que nous passons tous beaucoup de temps dans divers espaces clos (bureaux, maisons, voitures, bus, gymnases, bars etc.) et que ceux-ci ne sont pas au dessus de tout soupçon, il nous faut nous méfier.
A quand une législation coercitive sur ce nouvel « enjeu sanitaire majeur » ? La question est pour l’instant en débat et est suivie de près par les pouvoirs publics.
En attendant, faites comme nos grands-parents avant nous : aérez de temps en temps. Mais ce faisant, prenez garde de ne pas respirer les volutes des fumeurs qui pourraient se trouver sous votre fenêtre.
Décidément, dans les sociétés modernes, vivre peut tuer !
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31.01.2008
LA LORRAINE, TERRE D'ENERGIE...HUMAINE !
Chronique de Marc Houver
Secrétaire général du Conseil Economique et Social de Lorraine
La semaine dernière l’actualité régionale attirait notre regard sur la Lorraine qui va mal, sur cette Lorraine à l’économie claudicante, frappée par un deuxième choc industriel.
Ces quelques situations spécifiques, particulièrement mises en évidence par une couverture médiatique surabondante, ne doivent pas nous faire sombrer dans une forme de sinistrose ou nous donner le sentiment d’une régression permanente. Il y a bien sûr (et fort heureusement) beaucoup d’énergie et de volonté en Lorraine.
La Lorraine reste une terre d’énergie… humaine.
Nombreuses sont les initiatives qui tendent à démontrer que l’on se démène pour donner du sens et de l’attractivité à notre région.
Ainsi la semaine dernière, la Lorraine a été comme tous les ans à pareille époque, pendant cinq journées, le centre de préoccupations cinématographiques mondiales à travers le festival du film fantastique de Gérardmer. Ce festival qui avait jadis élu domicile à Avoriaz, est depuis 15 ans maintenant, l’hôte de la « Perle des Vosges ». Il attire bien évidemment tous les inconditionnels de ce genre de cinéma mais aussi tous ceux qui, tout simplement, souhaitent rencontrer et approcher des vedettes du grand et du petit écran.
Pour réaliser une telle performance, une ville entière s’est une fois de plus mobilisée pour faire parler d’elle. Une telle organisation, menée de main de maître par Pierre Sachot, un dynamique retraité des textiles et articulée autour d’une armée de « petites mains » et de sponsors, force l’admiration. Ils ont été des centaines de bénévoles, à se démener avec talent et serviabilité pour permettre à la station vosgienne (et donc à toute la Lorraine) de laisser une image flatteuse d’elle-même.
Des bénévoles il y en a aussi de nombreux dans une autre association qui gagne à être connue et qui s’intitule « Et si les Lorrains… ». Un nom en forme de programme et d’invitation à la créativité. Son objet social est d’inciter, par le biais de colloques ou de débat d’idées, à une réflexion sur des thématiques qui demain fonderont le développement régional et ouvriront ainsi de nouvelles perspectives.
Cette association organise ce jeudi, à Metz, à l’amphithéâtre Le Moigne du campus du Saulcy, une conférence-débat exceptionnelle sur la crise climatique. La conférence est co-organisée par l’association et l’Université Paul Verlaine avec le soutien du Conseil économique et social de Lorraine.
Pour tous ceux qui souhaitent mieux comprendre les raisons de cette crise climatique planétaire, Yves Mathieu, consultant international auprès des pouvoirs publics, spécialisé dans l’amélioration de la qualité des services publics et de la démocratie participative, apportera son éclairage.
Le conférencier fait partie des 1000 personnes formées et accréditées par Al Gore en 2007 afin d’animer dans le monde des réunions de sensibilisation sur ces questions. C’est dire le sérieux de cette rencontre à laquelle nous sommes tous conviés.
Quel est le point commun entre le festival du film fantastique de Gérardmer et cette conférence de renommée internationale ? Tout simplement que ces bénévoles Lorrains portent fièrement le même message : avec la volonté, la pugnacité et le souci de valoriser son action, la Lorraine est capable de faire parler d’elle de manière on ne peut plus positive.
De quoi rappeler une fois de plus que les Lorrains sont les premiers vecteurs de leur propre communication.
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24.01.2008
Lorraine : deuxième choc industriel confirmé
Chronique de Marc Houver
Secrétaire général du Conseil Economique et Social de Lorraine
La Lorraine traverse à nouveau une mauvaise passe. Après les problèmes de la chimie en Moselle-Est, c’est Arcelor-Mittal qui annonce son projet de fermeture de l’aciérie de Gandrange et la société Kléber qui cesse son activité à Toul. Conséquences immédiates : toute une région se remet à douter d’elle-même et des drames humains se préparent.
C’est en fait un deuxième choc industriel que la Lorraine subit comme l’affirme depuis un an le Conseil économique et social en étayant son propos de données précises développées dans différents rapports et analyses. Mais ce discours en forme de cri d’alarme s’est toujours heurté à ce qu’il faut bien appeler une forme d’indifférence des décideurs. Que n’a-t-on accusé le CES Lorraine de céder à un pessimisme excessif, comme si c’était le thermomètre qui donnait la fièvre.
Certes les situations des entreprises en difficultés sont toutes spécifiques et ne reflètent pas à elles seules l’état de santé économique de l’ensemble de la région. Les appréciations portées sur les causes de ces fermetures appellent des approfondissements avant de pouvoir poser un diagnostic fiable.
Mais ce qui est pour le moins inquiétant, c’est que ces fermetures d’unités de production semblent être révélatrices d’une absence de stratégie de veille organisée. Une carence qui a toujours le même effet délétère sur les populations : le sentiment d’impuissance face aux difficultés économiques.
Ces types d’accidents économiques se rencontrent bien évidemment dans beaucoup d’autres régions françaises. Ils font (malheureusement pour ceux qui en sont les victimes) partie des vicissitudes « normales » de la vie économique.
Dès lors, la question essentielle est de savoir à quel point nous serions en Lorraine plus qu’ailleurs victimes de ces aléas. Et dans ce domaine, force est de constater que notre région connait des difficultés plus prononcées puisque les destructions d’emplois y sont plus importantes que dans les autres régions.
Face à cet état de fait, les Lorraines et les Lorrains sont en droit d’espérer des mesures concrètes, à l’image du volontarisme nécessaire en pareille circonstance. Et pourtant l’on a quelque fois la désagréable sensation que c’est plutôt le défaitisme et la résignation qui prévalent de la part des pouvoirs publics, comme si l’Etat n’en pouvait mais.
C’est un peu le sens du message que le CES Lorraine distille depuis longtemps, militant énergiquement pour que l’on anticipe plus fortement les mutations économiques et sociales.
Face à l’urgence, il faut désormais sonner le tocsin.
C’est pourquoi la seconde assemblée régionale examinera le 7 février prochain, en assemblée plénière, un rapport consacré à la politique industrielle en Lorraine témoignant ainsi de sa conviction profonde qu’il ne peut y avoir de développement économique sans une industrie forte.
D’autres régions de France l’ont bien compris puisque certaines d’entre elles qui n’avaient pourtant pas un passé industriel aussi riche que la Lorraine ont développé un avenir largement adossé au secteur secondaire. A preuve qu’une politique industrielle cela se décide si l’on ne veut pas avoir à la subir.
A la semaine prochaine.
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17.01.2008
VIVE LES HOMMES !
Chronique de Marc Houver
Secrétaire général du Conseil Economique et Social de Lorraine
« On ne nait pas femme, on le devient». Une affirmation simple dans sa formulation, forte dans son contenu et célèbre dans ses répercussions. Une phrase devenue slogan de plusieurs générations et qui aura contribué à révolutionner la condition féminine à travers le monde.
Cette affirmation, nous la devons bien sûr à Simone de Beauvoir, dans son livre best-seller mondial, « le deuxième sexe ».
Simone de Beauvoir aurait eu 100 ans cette année et de nombreuses chroniques littéraires ou journalistiques lui rendent un hommage appuyé et bien évidemment justifié car rarement femme aura marqué son époque autant que le « Castor », surnom de la compagne de Jean-Paul Sartre.
« On ne nait pas femme on le vient » ou, autrement dit, la société fabrique la féminité comme elle fabrique d’ailleurs la masculinité. Dès la naissance, la société étend en effet son emprise sur l’enfant mâle ou femelle, pour le « formater », comme on dirait aujourd’hui, en homme correspondant aux attentes sociales ou en femme pleinement inscrite dans les exigences de son modèle de civilisation. Une réalité maintes fois vérifiée et bien mise en évidence dans un autre ouvrage bien connu intitulé « Du côté des petites filles » de Elena Gianini Belotti.
Certes, depuis l’avènement de ces ouvrages, la condition féminine a bien évolué. Dans tous les domaines de la société, les femmes tiennent une place de plus en plus importante et visible. D’un autre côté, les hommes assument plus ouvertement et plus facilement cette irruption des femmes dans leur traditionnelle sphère d’influence. Vous me direz qu’ils n’ont plus vraiment le choix…
L’évocation de la question de la différence des genres est nettement plus sereine que par le passé et chacun admet désormais que nous avons tous en nous une partie féminine et masculine plus ou moins prononcée et affirmée mais plus ou moins assumée selon les individus.
Et pourtant si des évolutions sont réelles, beaucoup reste à faire car le combat féministe appartient à la catégorie de ceux qui doivent être menés de manière permanente pour espérer un jour être couronnés de succès. Car, comme tout un chacun peut le remarquer, dès que l’on baisse la garde, les vieux atavismes machistes reprennent le dessus.
A la moindre occasion, la différence de sexe reprend ses droits comme si on ne parvenait pas à capitaliser, d’une génération à l’autre, les acquis de la génération précédente.
C’est pourquoi le CES de Lorraine a mis en place un groupe de veille permanente sur le thème de « mixité-égalité » animé par une de ses trois premières vice-présidentes, Marguerite Messenet, rappelant ainsi que le combat pour la mixité sociale n’a d’intérêt que parce qu’il est aussi un vecteur de l’égalité normale entre les êtres humains.
Car si « la femme est l’avenir de l’homme », la parité est assurément l’avenir de l’humanité toute entière.
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10.01.2008
Heu-reux ?
Chronique de Marc Houver
Secrétaire général du Conseil Economique et Social de Lorraine
Rien ne va plus en ce début d’année ! Rien ne va plus car vous avez le moral à zéro. Pour être plus exact, je devrais dire : nous avons tous le moral à zéro. Vous ne le saviez pas ? Et bien je vous l’apprends.
Pour être parfaitement honnête, ce n’est pas moi qui l’affirme, ce sont les gazettes qui le claironnent. Les Journaux télévisés ouvrent sur ce titre, les hebdomadaires y consacrent des dossiers spéciaux. Bref, pas un média qui n’aborde cette question, ce qui, au final, influe grandement sur notre condition psychique.
Je trouve cela assez sympathique que l’on s’occupe ainsi de notre moral. Cela veut dire que l’on nous accorde une certaine importance et que la formule selon laquelle il faut mettre l’humain au centre des préoccupations n’est pas qu’un slogan ou une formule galvaudée à force d’en abuser.
Mais le moral dont on parle ici ce n’est pas celui des individus et si l’on s’en préoccupe ce n’est pas par pur altruisme. Le moral en question est celui des ménages et s’il est important c’est parce qu’il représente une forme de baromètre de l’état de santé économique de notre société.
Pour mesurer un concept a priori aussi flou que celui de moral, il existe même un indicateur spécialement conçu à cet effet. Un indice qui est établi par le très officiel Institut national de la statistique et des études économiques, l’INSEE. Chaque mois, l’INSEE établit une enquête de conjoncture auprès des ménages qui permet de suivre l’évolution de notre ressenti sur la réalité du moment.
Ainsi, pour le quatrième mois consécutif, le moral des ménages a baissé pour atteindre le niveau le plus bas jamais atteint depuis mai 2006. C’est dire ! Et cela n’est, paraît-il, pas sans conséquence puisque à en croire les experts cela enfonce petit à petit, tout le pays dans un marasme généralisé.
Quasiment tous les clignotants sont au rouge et l’opinion des ménages se dégrade dans tous les domaines sauf celui des perspectives d’évolution du niveau de vie qui se sont améliorées de quatre points en décembre. A preuve que rien n’est perdu puisque nous portons en nous, semble-t-il, les germes d’une guérison possible.
Rien de surprenant dans ces conditions que fleurissent dans le même temps que l’on diagnostique notre spleen collectif, nombre de méthodes destinées à nous rendre heureux. Car le bonheur étant le meilleur pare-feu à la morosité économique, être heureux à tout prix, devient une fin en soi.
Par une sorte de parallélisme des formes, il nous faudrait être obsédé par le bonheur puisque nous serions des monomaniaques de notre propre moral. Le bonheur, désormais mesurable, devient un objectif de politique économique. Il y aurait une économie du bonheur et il appartiendrait aux décideurs de nous rendre heureux coûte que coûte.
Mais savoir que je dois laisser à d’autres le soin de déterminer comment je dois être heureux, moi cela suffit déjà à me saper le moral ! Pas vous ?
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